Alors que le pays a connu un soulèvement révolutionnaire inédit en 2011 et s’est engagé depuis dans un processus transitoire incertain, il semble nécessaire de revenir sur les dynamiques qui ont caractérisé l’évolution récente du champ... more
Alors que le pays a connu un soulèvement révolutionnaire inédit en 2011 et s’est engagé depuis dans un processus transitoire incertain, il semble nécessaire de revenir sur les dynamiques qui ont caractérisé l’évolution récente du champ politique yéménite. Qui sont les acteurs qui partagent l’exercice du pouvoir ? Quelles sont leurs ressources et leurs trajectoires, et dans quelle mesure ces dernières nous permettent-elles d’appréhender les recompositions en cours ? Sans toutefois tomber dans une lecture rétrospective des événements passés à la lumière du soulèvement populaire, l’objet de ce chapitre est de restituer les inflexions, de saisir les clivages et les tensions qui caractérisent la scène politique yéménite. Cette approche permet alors de souligner l’effervescence et la vitalité d’un espace politique qui n’est certainement pas réductible à une vision formaliste ou fonctionnaliste du champ partisan
Si l’élection présidentielle du 20 septembre 2006 reconduit ‘Alî ‘Abd Allâh /Sâli/h au sommet de l’ état avec 77% des voix, elle ne marque pas moins une transformation majeure de la scène politique yéménite. Pour la première fois, le... more
Si l’élection présidentielle du 20 septembre 2006 reconduit ‘Alî ‘Abd Allâh /Sâli/h au sommet de l’ état avec 77% des voix, elle ne marque pas moins une transformation majeure de la scène politique yéménite. Pour la première fois, le président est mis en situation de compétition électorale par une opposition qui, en se réunissant autour d’un candidat unique, parvient à transcender le clivage opposant traditionnellement les partisans de la gauche aux formations islamistes. Cependant, la rénovation de l’enjeu électoral n’éloigne pas significativement le Yémen de la « norme institutionnelle arabe », le régime s’assurant du verrouillage autoritaire du scrutin. Quel est donc l’effet « élection 2006 » ? Dans quelle mesure le jeu politique a-t-il été durablement remodelé par l’introduction de la concurrence ? En offrant des horizons pluralistes sans toutefois contrarier les dynamiques de personnalisation du pouvoir, l’élection n’a-t-elle pas favorisé l’essor de nouvelles formes de contestation politique ?
Cette contribution interroge l’évolution des pratiques de consommation du qat (un léger narcotique aux effets euphorisants) et des formes de sociabilités qui en découlent, dans un contexte de transformation profonde de la société... more
Cette contribution interroge l’évolution des pratiques de consommation du qat (un léger narcotique aux effets euphorisants) et des formes de sociabilités qui en découlent, dans un contexte de transformation profonde de la société yéménite. Il nuance l’apparente individualisation de la consommation du qat chez les jeunes, en rappelant notamment comment son exportation sur les sit-in protestataires en 2011 a favorisé le décloisonnement et la réorganisation des sociabilités militantes
Cet article revient sur le processus révolutionnaire yéménite engagé en 2011, et examine comment celui-ci donne lieu à des dynamiques sociales et des pratiques politiques nouvelles, qui perdurent au-delà du départ formel d’Ali Abdallah... more
Cet article revient sur le processus révolutionnaire yéménite engagé en 2011, et examine comment celui-ci donne lieu à des dynamiques sociales et des pratiques politiques nouvelles, qui perdurent au-delà du départ formel d’Ali Abdallah Saleh de la présidence
L’objet de cet article est de discuter l’hypothèse du renouvellement des modes et des registres de mobilisation d’acteurs préalablement socialisés et politisés, en soulignant à la fois leur caractère inédit et leur inscription dans des... more
L’objet de cet article est de discuter l’hypothèse du renouvellement des modes et des registres de mobilisation d’acteurs préalablement socialisés et politisés, en soulignant à la fois leur caractère inédit et leur inscription dans des réseaux sociaux et traditions protestataires variées. Sans céder à l’illusion de la nouveauté, il s’agit d’examiner de plus près la dynamique de transformation des interactions sociales, des revendications politiques, des pratiques et des espaces de contestation caractérisant le processus révolutionnaire. A partir d’une enquête de terrain menée en février et mars 2011 à Sanaa et dans le prolongement de recherches menées depuis 2007 sur le parti au pouvoir et les mobilisations politiques au Yémen, cet article examine les transfigurations des espaces et des expressions du politique au cours du soulèvement populaire. Pour ce faire, il tente d’identifier les différents groupes d’acteurs qui l’animent avant d’analyser leurs interactions et recompositions autour d’activités, de revendications et de grammaires protestataires communes.
L’objet de cet article est d’interroger les modes d’imposition et de contestation de la discipline au sein d’une organisation hégémonique, dans une situation où cette position dominante est contestée : d’abord avec l’affirmation d’une... more
L’objet de cet article est d’interroger les modes d’imposition et de contestation de la discipline au sein d’une organisation hégémonique, dans une situation où cette position dominante est contestée : d’abord avec l’affirmation d’une opposition unifiée et la multiplication des conflits régionaux (2008-2011), puis, à partir de 2011, interrogée selon de nouvelles modalités dans le cadre du soulèvement révolutionnaire. L’étude des indisciplines au cours de cette période rappelle que loin de constituer un amalgame homogène des soutiens au président au sein duquel la discipline irait de soi, le CPG est travaillé par de profonds clivages (politiques, économiques, sociaux, générationnels, régionaux, etc.) ainsi que des logiques d’action variées. Je m’intéresse d’abord aux ressorts de l’(in)discipline, en examinant les liens souples de l’appartenance au parti et la variabilité du régime disciplinaire, avant d’étudier ensuite la redéfinition des comportements déviants et la transformation des processus de disciplinarisation à la lumière de la crise de 2011.
